En créant Ricochet, nous promettions une information différente, en traitant de sujets peu ou pas couverts par les autres médias. Nous parlions, déjà en 2014, des changements climatiques, du racisme systémique, des enjeux autochtones et internationaux, des inégalités sociales. Et ce, bien avant que les autres médias ne s’y mettent. Nous nous étions, dès notre fondation, constitués en organisation à but non lucratif. Non pas pour aller chercher plus de subventions, mais parce que c’était un principe fondamental à nos yeux que l’information soit un bien commun, pas une occasion de faire du profit.

Nous avions promis de l’enquête, des angles originaux, des prises de parole peu entendues jusqu’alors, des projets innovants. Et nous avons livré la marchandise, en nous établissant comme un média professionnel au journalisme sérieux et rigoureux.

Plusieurs journalistes qui travaillent aujourd’hui à Radio-Canada et dans d’autres médias sont d’abord passés par Ricochet. Même chose pour nos chroniqueurs et chroniqueuses. C’est notamment le cas d’Aurélie Lanctôt, maintenant au Devoir; de Kharoll-Ann Souffrant, depuis peu à Métro; de Xavier Camus. Également, nous avons toujours pu compter sur un bassin de fidèles pigistes, en journalisme comme dans l’opinion, pour publier des contenus devenus incontournables. Pensons aux enquêtes d’André Noël, dont la réputation n’est pas à faire. Aux opinions nuancées et originales de Francis Dupuis-Déri, à celles d’Anne-Marie Beaudoin-Bégin ou de Martin Forgues. Aux reportages encensés de Ruby Pratka, de Sam Harper, de Josianne Desjardins pour n’en nommer que certain.es. Ou encore les magnifiques vidéos d’Emmanuelle Boileau. De leur côté, nos balados connaissent d’importants succès, aussi bien du côté du public qu’en termes de reconnaissance critique.

La suite

Cet été, le média canadien d’enquête Press Progress ainsi que le jeune média Majeur nous ont invité à joindre nos forces aux leurs. Nous avons répondu « oui » afin de poursuivre la mission que nous nous étions donnée à la fondation de Ricochet et continuer d’impliquer la communauté de ses lecteurs et lectrices francophones. C’est ainsi que Pivot est né. Nous apportons notre expérience journalistique ainsi qu’une équipe de chroniqueurs et chroniqueuses diversifiée et audacieuse. Majeur, spécialisé dans la nouvelle courte, offre sa structure juridique qui nous permettra d’aller chercher un financement pérenne. Enfin, Press Progress contribuera à développer des enquêtes approfondies sur des sujets québécois, enquêtes qui seront ensuite traduites en anglais sur son site pour faire connaître les enjeux d’ici au lectorat canadien.

Un parfait mariage, donc, entre nos trois médias, qui se complètent à merveille au sein de Pivot.

Clin d’œil à Ricochet, le nom Pivot représente bien notre avenir, tout en préservant ce que nous avons chèrement bâti au fil des sept dernières années. N’ayant jamais eu les moyens d’engager des journalistes salarié.es, nous étions limité.e.s dans notre capacité d’accomplir notre mission. La proposition de Pivot est donc tombée à point. En mettant ensemble nos énergies et nos avoirs, nous sommes déjà capables d’engager une équipe de quatre personnes. Cette équipe, qui s’active déjà depuis quelques semaines, produira du contenu de façon quotidienne, ancré dans l’actualité plus que jamais, en plus d’œuvrer à ce que Ricochet sait si bien faire : des textes fouillés, des sujets originaux et des projets multimédias hors du commun.

Pourquoi Pivot?

Pourquoi n’avons-nous pas simplement intégré Majeur et Press Progress à Ricochet francophone, pour ainsi garder notre identité et notre site web?

Plusieurs raisons. D’abord, pourquoi pas? Comme quand on emménage chez son ou sa partenaire de vie, on ne se sent pas toujours chez soi. Rien de mieux, donc, qu’un endroit choisi ensemble, pour un nouveau départ rafraîchissant et aux goûts de tout le monde. Le fait d’être une nouvelle entité médiatique, cette fois constituée en coopérative de travail, nous permet d’aller chercher du financement jusqu’ici inaccessible à Ricochet.

Parlant de financement, bien que nous ayons survécu à la poursuite qu’a intentée Richard Martineau contre nous, cette saga nous a privés de précieuses possibilités de financement durant les trois années de procédures judiciaires. Nous avons dû, à la dernière minute, transformer notre campagne d’abonnement, prévue depuis longtemps, en levée de fonds pour pouvoir payer nos frais judiciaires.

Nous espérons de tout coeur que vous nous suivrez dans cette nouvelle aventure. Sans votre soutien, Pivot est impossible. Moins cher qu’un abonnement Netflix, celui à Pivot nous permettra véritablement de survivre et de conserver notre indépendance éditoriale. Nous vous invitons à transférer votre abonnement Ricochet francophone à Pivot, ce qui vous sera possible faire sous peu (nous attachons les derniers fils), à vous y abonner pour la première fois, ou encore à faire un don. Chaque montant compte.

Sachez par ailleurs que Ricochet anglophone continuera d’exister, et nous continuerons de collaborer.

Vous trouverez donc, à partir d’aujourd’hui, tout notre nouveau contenu sur pivot.quebec. Le présent site continuera d’exister à titre d’archives.

Une fois de plus, merci de votre soutien depuis la fondation de Ricochet. Que ce soit en partageant nos contenus via les réseaux sociaux, par vos dons ou par vos abonnements. Pivot sera un média encore plus fort, plus diversifié et propulsera Ricochet francophone à un autre niveau. Plus que le nom ou la marque, l’important, c’est de produire une information de qualité, qui offre un contrepoids à l’information présentée ailleurs. Alors, pivotez-vous avec nous?

Gabrielle Brassard-Lecours
Cofondatrice et rédactrice en chef de Ricochet de 2014 à 2021
Présidente du conseil d’administration de Pivot. 2021 à…who knows?