Augmenter la pression avec l’austérité

Plutôt que d’aider les jeunes à se libérer plus rapidement de leur endettement, la politique d’austérité du gouvernement a comme conséquence de garder les jeunes endettés de plus en plus longtemps. L’augmentation des frais de scolarité augmente l’endettement étudiant. L’augmentation des tarifs et l’encouragement à la stagnation des salaires font en sorte que les remboursements de dettes se font sur une plus longue période. En conséquence, de plus en plus de gens ont de moins en moins les moyens de consommer et de faire rouler l’économie.

En conséquence, de plus en plus de gens ont de moins en moins les moyens de consommer et de faire rouler l’économie.

Cette impossibilité à joindre les deux bouts pour de plus en plus de gens est une formidable opportunité d’affaire pour les banques. Les prêts automobile durent maintenant en moyenne 69 mois, soit près de 6 ans et il est facile d’obtenir des prêts auto de 7, 8, voire 10 ans. Les meubles se paient maintenant sur 3 ans, voire plus.

S’attaquer aux jeunes familles

L’an dernier, le gouvernement Couillard a augmenté les frais des services de garde subventionnés. Pour éviter un choc chez les parents, le gouvernement n’a presque pas modifié le tarif payé au quotidien (7,30$/jour), par contre, selon votre revenu, le gouvernement vous charge jusqu’à 20$/jour de garde. La différence de 12,70$/jour est payable d’un seul coup lorsque vous faites votre rapport d’impôts. Dans les prochaines semaines, plusieurs jeunes parents auront la surprise de recevoir une facture plutôt qu’un remboursement d’impôts. Cette année, le maximum de frais de garde additionnel est de 2300$ par enfant (3300$ à partir de l’an prochain). Si vous avez 2 enfants, c’est 4600$ que le gouvernement vous facturera (3300$ à partir de l’an prochain).

Pour les 37% de Québécois qui vivent d’une paie à l’autre, la mauvaise surprise pouvant aller jusqu’à 4600$ peut sérieusement faire déraper le budget.

Desjardins à la rescousse

Là où il y a des gens désespérés, il y a des entreprises pour profiter de la situation et s’en mettre plein les poches. Dans la dernière semaine, 25 000 jeunes familles (dont la mienne) ont reçu une publicité ciblée de Desjardins. J’ai pris en photo celle que j’ai reçue et vous la trouverez à la fin de l’article. BONNE NOUVELLE! On nous y annonce qu’un prêt «Accord D» a été pré-approuvé spécifiquement pour nous permettre de payer les frais de garde additionnels que nous a imposés le gouvernement Couillard. Impossible de trouver dans l’annonce quelles sont les conditions du fameux prêt.

En allant chercher sur le site internet de Desjardins, on apprend que les prêts Accord D que nous propose Desjardins dans sa publicité ont un terme de 6 mois à 5 ans avec un taux d’intérêt de…. 11% à 16,25% par an!!!

Alphonse Desjardins avait créé les caisses pour libérer les gens des prêts usuriers. S’il avait connu les prêts Accord D, je suis pas mal sûr qu’Alphonse Desjardins aurait cru nécessaire de créer une coopérative financière pour se libérer de Desjardins.

En gros, si une famille avec deux enfants en CPE prend l’offre de Desjardins, les frais de garde additionnels lui coûteront cette année entre 5100$ (4600$ au gouvernement et 500$ à Desjardins) et 5350$ (4600$ au gouvernement et 750$ à Desjardins). Cette famille a intérêt à ne pas payer son prêt en 5 ans parce que les frais de garde additionnels de l’an prochain lui coûteront 6600$ (plus 725$ à 1075$ d’intérêt s’ils prennent encore un prêt Accord D). Alphonse Desjardins avait créé les caisses pour libérer les gens des prêts usuriers. S’il avait connu les prêts Accord D, je suis pas mal sûr qu’Alphonse Desjardins aurait cru nécessaire de créer une coopérative financière pour se libérer de Desjardins.

Ça va péter

L’austérité menée par les gouvernements péquistes et libéraux depuis 40 ans étrangle financièrement de plus en plus de Québécois. Pour arriver à joindre les deux bouts à court terme, de plus en plus de gens contractent des prêts à des conditions qui sont de moins en moins viables à moyen ou à long terme.

Quand on demande à des gens qui ont de moins en moins d’argent de payer de plus en plus en remboursements de dette, on se retrouve avec une situation qui ne peut pas durer. Ça sera mauvais pour l’économie du Québec, ça sera négatif pour les banques (et Desjardins) qui devront rayer ces actifs de leurs états financiers et, surtout, ça sera horrible pour les milliers de familles qui auront à faire faillite.

Ultimement, cette catastrophe économique sera la responsabilité des gouvernements péquistes et libéraux qui auront appliqué l’austérité et de ceux et celles qui, comme Desjardins, auront appuyé l’austérité en espérant pouvoir abuser en passant des victimes de ces politiques.