Faire reculer le mépris

Cet automne, nous avons appris que c’est par notre mobilisation que nous réussissons à faire reculer un gouvernement néolibéral qui nous impose un programme d’austérité visant à mettre notre système public au service du privé. C’est la mobilisation exemplaire des travailleuses et travailleurs qui a permis de faire reculer le gouvernement sur l’ensemble de ses demandes à notre table sectorielle. C’est par la même détermination que nous avons réussi à faire des gains dans cette négociation qui se poursuit.

Nous avons aussi appris que si la peur nous fige, l’action elle nous permet d’avancer. La peur de perdre, la peur que la mobilisation soit insuffisante pour améliorer nos conditions de travail, la peur de déranger, la peur de la loi spéciale, autant de craintes que nous devons parvenir à dissiper.

C’est parce qu’on a appris qu’il est maintenant absolument impossible de prétendre qu’il n’existe pas suffisamment de richesse au Québec pour bien financer nos services publics et celles et ceux qui y travaillent. Pour plusieurs, cette démonstration n’était pas nécessaire. Pour les autres, il est évident que s’il y a de l’argent pour que les médecins obtiennent des augmentations salariales de 87,5% en 10 ans, pour que les banques continuent d’afficher des profits records tout en favorisant le recours aux paradis fiscaux et pour qu’une compagnie comme Bombardier reçoivent des milliards tout en délocalisant des emplois, c’est qu’il doit il y en avoir suffisamment pour investir dans nos services publics.

C’est parce qu’on a appris qu’il est maintenant absolument impossible de prétendre qu’il n’existe pas suffisamment de richesse au Québec pour bien financer nos services publics et celles et ceux qui y travaillent.

Pendant ce temps-là, toutes les preuves démontrent que les inégalités sociales ne font que croître, de la hausse du coût des aliments prévue en 2016 en passant par les nombreuses compressions budgétaires qui touchent particulièrement les personnes les plus vulnérables de notre société. Dans de telles circonstances, les travailleuses et travailleurs du secteur public n’ont certainement pas à être gênés d’exiger de gagner un meilleur salaire pour prendre soin de la population.

Ce qu’on est en train de se rappeler, c’est que nos gouvernements ont toujours tendance à répondre plus favorablement aux doléances de celles et ceux qui n’ont pas à prendre la rue pour faire valoir leur point de vue.

C’est donc surtout la mobilisation qui fait avancer les mouvements sociaux. Dans cette négociation, c’est l’ensemble des moyens d’action mis de l’avant par toutes les organisations syndicales et les groupes sociaux qui nous permet de gagner la faveur publique et de forcer le gouvernement à répondre aux besoins des travailleuses et travailleurs. La diversité de nos actions ne doit donc pas être perçue comme une faiblesse, mais bien comme une force qui peut nous permettre d’atteindre des objectifs communs.

Ce que l’on se réserve pour les semaines à venir

La journée du 9 décembre dernier, où les membres du Front commun et de la FAE ont exercé leur droit de grève, démontre que la mobilisation ne s’essouffle pas.
Les 21 et 22 décembre, les délégué-es de la FSSS-CSN ont décidé de poursuivre la bataille. Ils ont jugé qu’il est encore possible d’espérer obtenir des gains pour le personnel et pour nos services publics.

La participation extraordinaire des travailleuses et travailleurs aux actions syndicales témoigne d’un regain de fougue du syndicalisme dans le secteur public. À voir le gouvernement Couillard peiner de plus en plus à défendre son intransigeance face aux demandes des salarié-es, nous avons toutes les raisons de ne pas lâcher le morceau et de continuer à avancer.