Vous imaginez ce Monsieur de 25 ans qui débarque d’une université anglaise avec son complet trois pièces en proposant d’augmenter les impôts et les taxes et d’augmenter de façon importante la dette pour procéder à de grandes nationalisations, pour créer un bas de laine dont on ne profitera pleinement que dans 30 ans et pour que l’état intervienne massivement dans l’économie?

Finalement, il voulait même qu’on crée un nouveau pays. Sa carrière politique n’aurait pas durée longtemps. On aurait dénoncé son snobisme d’intellectuel (pensez à Ignatieff). Éric Duhaime et consorts auraient dénoncé ce «communiste qui veut transformer le Québec en Corée du Nord», et la majorité des médias l’auraient dépeint comme un jeune idéaliste naïf et déconnecté de la réalité (pensez à Québec solidaire).

Si, voyant à quel point la voie politique partisane était bouchée, il avait manifesté dans la rue pour ses idées, on l’aurait alors dépeint simplement comme un casseur anarchiste qui ne veut que le chaos. Il aurait régulièrement fait de la prison et reçu des amendes. Vraiment, Jacques Parizeau, avant de façonner le Québec moderne, était un homme de son époque. Une époque où le Québec voulait se bâtir comme société et avait confiance en l’avenir autant qu’en sa jeunesse.